LA PART ANIMALE

LA PART ANIMALE

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Date de sortie : 1 juillet 2010

Support : DVD

Genre : Les reprises

Réalisateur : SEBASTIEN JAUDEAU

Acteur(s) : Sava Lolov, Niels Arestrup, Rachida Brakni, Anne Alvaro. (1 h 29.)

Synopsis :

Arrivé avec femme et enfant en plein coeur de l'Ardèche, Etienne voit sa vie basculer aux premiers jours de son embauche dans un élevage ultramoderne de dindons Douglas. Au contact de Chaumier, son nouveau patron, et des bêtes dénaturées de l'exploitation, Etienne change...



Critiques :

Interview : Sebastien Jaudeau (la Part Animale)

Troqué de Dumont et de Grandrieux, Sébastien Jaudeau aime le cinéma inconfortable qui ne caresse pas le sens du poil et fait appel à nos pulsions secrètes. La part animale, son beau premier long métrage, suscite beaucoup de questions. Le réalisateur, ouvert et érudit, apporte les réponses.



Comment est né le film? Au départ, La part animale devait être réalisé par Andrzej Zulawski. Je sais même qu’un scénariste avait commencé à plancher dessus. C’est le roman de Yves Bichet qui au départ a retenu mon attention. Lorsque je l’ai lu, j’ai trouvé ça très éloigné de moi en même temps qu’il m’a touché intimement. Je ne savais pas où je foutais les pieds mais je trouvais que c’était un support formidable pour un premier long métrage. Même si le résultat n’est pas focalisé sur la narration, je me souviens que pendant la lecture, des idées de scène me venaient à l’esprit. J’ai commencé à travailler avec Bichet sur différentes versions du scénario. Je n’avais pas envie de renier ce que j’avais fait auparavant et j’avais plus envie de voir comment je pouvais m’accaparer la fiction. Dans le roman, j’aimais beaucoup le rapport que le lecteur pouvait avoir avec le personnage principal. Le fait que ce soit un homme dans l’acceptation. J’ai vraiment envie que les gens confortablement assis dans leur siège qui pensent que c’est seulement lié à une problématique des gens de la campagne soit surpris. Notamment dans la scène de l’adultère ou celle qui met en parallèle une scène d’amour et la masturbation agricole. Dès la lecture du roman, j’étais plongé dans des scènes ayant un impact visuel fort. Cela correspondait à ce que je voulais: impressionner. Pas au sens d’épater ni de provoquer dans le mauvais sens. Mais dans l’idée d’aller chercher le spectateur. Je voulais un choc esthétique et émotionnel. J’aime les idées qui restent ou celles, plus douces et surréalistes, comme le sanglier. J’adore l’imprévu. Les scènes qu’on ne voit pas venir et qui du coup vont laisser une trace qu’on ne maîtrise pas. Je ne sais pas comment La part animale vieillit chez le spectateur. Mais a priori je mise sur le lâcher-prise pour que des choses inconscientes se mélangent avec le film. En somme, que les images fonctionnent comme des souvenirs. Je suis plus intéressé par l’impression que les spectateurs auront du film a posteriori. La part animale est proche de la musique. Il y a un vrai travail rythmique où le spectateur doit être dans un rapport de fascination, plus que de compréhension. Plus on saisit les choses après coup, plus on est apte à mettre en perspective ce que l’on vient de voir.



Est-ce que vous vous êtes freiné dans l’abstraction de peur d’aller trop loin? La première note d’intention – et j’ai mis du temps avant de faire le film –, c’est la volonté de rentrer dans la tête du personnage principal. Je voyais toute la dernière partie du film avec la tragédie inéluctable en pointillé et au premier plan le héros qui semble déconnecté des situations. C’est comme s’il regardait ailleurs. Il y avait une volonté de déréaliser l’histoire sur sa fin. Le personnage d’Etienne est à la fois fasciné et oppressé par cette histoire. Pendant un long moment, il n’a pas d’emprise sur cette histoire. C’est presque un ange. Quelqu’un de préservé, pas armé pour vivre ces choses-là. Lorsqu’il se jette à l’eau, il a un contact physique avec la nature. Cette histoire est outrancière et ça n’est intéressant que si lui accède à autre chose. Maintenant, l’abstraction ne me fait pas peur. C’est pour cette raison que je parle avec plus d’aisance du film aujourd’hui. La part animale sert de matrice pour la suite. Il contient une part documentaire où j’ai dû me confronter à une réalité. Mes courts métrages étaient tous abstraits, sans dialogue. Il fallait que les scènes de dialogue paraissent crédibles. Je ne supporte plus au cinéma quand la base n’est pas présente. J’ai vraiment besoin d’un certain nombre de garanties, sauf si je regarde un film surréaliste. C’est dû à ma vision du réel, moins à une vision de cinéma. Pour moi, la réalité appartient au fantastique. Elle est fantastique. Ce que je cherche à restituer dans La part animale, c’est l’expérience de quelqu’un qui à un moment a l’impression que les événements sont improbables. Le paysage n’est pas une carte postale. On ne sait pas ce qui se cache derrière un paysage. J’ai toujours été fasciné par la «réalité». Lorsque la mise en scène est surréaliste ou onirique, c’est uniquement parce que j’ai la sensation que ça n’appartient pas qu’à l’art ni au cinéma. Cet équilibrisme vient d’une volonté d’être fidèle à une expérience intime qu’une aventure cinématographique. Ce n’est pas déconnecté de la réalité.


Dans quelle mesure peut-on voir du fantastique dans la réalité? C’est en tout les cas ce dont je suis intimement convaincu. Nos connaissances sont limitées et je ne me réfugie pas derrière les choses que je sais. Je suis fasciné par tout ce que je ne connais pas. Quand je fais des plans très larges sur des paysages, c’est uniquement parce qu’il m’impressionne, me touche. J’aime me sentir petit face à un paysage. Ce n’est pas un jugement, c’est une forme d’humilité. Et finalement le rapport assez complexe que j’entretiens au réel, c’est à la fois du désir et de l’humilité. Je n’ai pas la prétention que l’homme puisse faire le tour du réel. Du coup, un paysage devient vertigineux. Un sexe de femme tout autant. Je n’avais pas envie de donner de message, j’ai construit mes plans de manière organique. Le film n’est jamais symbolique. Il se prête à une interprétation symbolique mais il ne l’est jamais. Le sexe est infiniment plus vertigineux que tout ce que j’entends sur le sujet. Dans La part animale, il y a une scène de sexe que je considère presque comme religieuse: elle ressemble à une séquence d’offrande. La sexualité devient alors un des moyens d’accéder à quelque chose qui nous dépasse. C’est ce genre de choses-là que j’avais envie de restituer avec un personnage qui n’est pas dans un rapport de connaissance au monde. C’est un vrai innocent qui n’est jamais dans le jugement. Qui pense que les choses ont une raison. Qui est curieux de tout. Plus le récit avance, plus il a envie de voir et de comprendre. Il est en empathie avec quasiment tous les protagonistes du film. Finalement, il a une attitude que je trouve belle. Sa disponibilité lui permet d’accéder à une forme de sagesse à laquelle les autres personnages n’ont pas droit. Ceux qui vivent autour de lui sont des êtres en fuite qui ne s’assument pas. Ils n’assument tellement pas leur condition humaine et leur part d’animalité à eux qu’ils finissent par vouloir nier celle des bêtes. Ils ne veuillent pas assumer le fait que nous sommes des animaux et ne veulent pas comprendre qu’ils n’auront pas une emprise complète sur le monde et les animaux.



Vous apportez une grande importance à la forme. J’ai toujours été passionné par le travail sur le montage. J’ai découvert à New York les films de Dziga Vertov (L’homme à la caméra) et ceux d’Eisenstein. J’ai trouvé ça extrêmement moderne. J’avais l’impression qu’on s’était arrêté en cours de route. Ensuite, j’ai découvert Artavazd Pelechian et je suis tombé des nues. Avant de savoir ce que je voulais raconter au cinéma, je voulais tout d’abord m’approprier ce médium. En réalisant mon premier film de fiction, j’avais l’impression que ça devait rester très important. C’est un premier film et a priori il en a d’autres après. Ce qu’on expérimente au début, on risque de ne pas l’expérimenter après. J’ai adoré cette alchimie, ce jeu pour équilibrer des parties plus abstraites ou plus mentales et d’autres plus réelles. De cette façon, on crédibilise les événements de la dramaturgie. Lors d’une avant-première au Max Linder, un spectateur a trouvé que je n’étais pas allé au bout de cette abstraction et en même temps d’autres ont des réserves sur la fin de La part animale parce qu’il la trouve trop abstraite.


Pourquoi le recours à la voix off lors des scènes finales? C’est assez révélateur de la manière dont j’ai construit le film. Je prête le flanc à la critique et j’engage le quiproquo en faisant ça mais j’en ai éprouvé la nécessité au moment de tourner. Dans les quiproquos, il y a la notion de symbolisme. Je ne fais pas les choses innocemment mais je ne les fais pas si elles ne viennent pas d’une nécessité. Le poème final peut paraître déroutant pour tout ceux qui jusque là pensaient que je faisais dans l’expérimentation. Ça peut donner une coloration «film d’auteur français» mais il est dans le livre. On aurait pu le faire sauter mais j’aimais la manière dont un homme pas lettré, pas sensibilisé à la poésie puisse accéder de manière quasi-musicale au poème. C'est-à-dire qu’il le comprenne par la sonorité des mots sans réellement en saisir le sens.



C’est votre côté Baudelairien qui colle parfaitement au plan final renversant et donne une vraie hauteur. Peut-être. Je n’ai pas lu Baudelaire depuis longtemps. Mais je suis sûr que si je le relisais aujourd’hui, j’adorerais. En même temps, c’est tellement de cette façon que je veux faire du cinéma. D’un autre côté, j’adore ce poème. Au début, je l’avais presque oublié et ça marchait très bien sans. Mais j’avais envie d’essayer avec. J’ai appelé le comédien, l’ingénieur du son et on a tenté. On a fait la prise du son chez le comédien et je lui ai expliqué que je voulais donner l’impression d’une voix intérieure. Il faut vraiment considérer ce poème comme un élément épique et sensoriel. Comme si on chuchotait à l’oreille. De toute façon, je reste persuadé qu’on ne peut pas le comprendre à ce moment du film. On l’attrape comme ça. Comme on attrape trois images. Le plan final a été travaillé en post-production. Il contribue à donner une dimension mystique pour qu’on se sente petit à travers ce qu’il nous montre. On sait qu’on va disparaître dans ces paysages et on ne sait pas ce qu’il y a derrière. Mais on est fasciné par le fait que ce soit si beau et si grand. Propos recueillis par Romain Le Vern


Sources excessif.com



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