Two lovers
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Date de sortie : 28 mai 2009
Support : DVD
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : James Gray
Acteur(s) : Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow
Synopsis :
Egalement disponible en Blu Ray
New York. Leonard hésite entre suivre son destin et épouser Sandra,la femme que ses parents lui ont choisie ou se rebeller et écouter ses sentiments pour sa nouvelle voisine, Michelle, belle et volage, dont il est tombé éperdument amoureux. Entre la raison et l'instinct, il va devoir faire le plus difficile des choix...
Critiques : TWO LOVERS de James Gray
Et si on remettait le mélo à la mode ? Voilà ce que se demande un James Gray inspiré qui, pour changer, nous propose autre chose que des familles flics ou mafieuses. Librement (très librement) adapté des Nuits Blanches de Dostoïevsky, autre boute-en-train irrépressible, on reste tout de même en terrain connu. Tous les héros de Gray se doivent de vivre dans un rayon de moins de cent mètres de la station Brighton Beach, le quartier des émigrés russes et ukrainiens de Brooklyn, ils doivent vivre enfermés dans un carcan familial étouffant, dans des appartements sinueux dont on ne voit jamais le plafond, doivent aller danser dans des boîtes rétro à la Scarface au moins une fois par film, enfin, ils doivent se trouver à un moment de leur vie où leurs errances sentimentales morales ou spirituelles sont prêts à les faire exploser dans un déluge de cris et de violence, un peu comme lorsqu'on tente de communiquer avec Seb A alors qu'il regarde Evil Dead 2 et que toute question est perçue comme une monumentale attaque pouvant déchaîner la foudre des dieux.

Passé ces considérations thématiques voyons en quoi ce nouveau (grand) cru change de direction par rapport à la première trilogie se déroulant à Little Odessa. On l'a dit et redit, ici point de mafia, de trafic de drogues, de flics ripoux, on va parler d'amour. Néanmoins si on ajoute Dostoïevsky à l'équation James Gray, il est fort peu probable qu'il en résulte la nouvelle comédie romantique du mois. Et c'est tant mieux. Les personnages ne se sentent pas obligés d'empiler clichés et calembours pour masquer leur embarras face à leurs sentiments. Et la magnifique musique de Wojciech Kilar (n'essayez pas de le prononcer certains ne s'en sont pas relevé) peut naviguer vers d'autres mers que celles du Top 30 des "campus radios" américaines.

On avait senti un gros effort sur l'esthétique de We Own The Night, ici on sent une maîtrise qui fait plaisir aux mirettes. La première séquence notamment est magnifique. Joaquin Baca-Asay, le directeur photo pour l'instant pas très connu risque de faire beaucoup parler de lui durant les années à venir.
De plus, c'est un plaisir de voir un film parlant d'amour ne pas tomber dans la facilité, au contraire. Leonard, a perdu sa première fiancée à cause d'une maladie et est devenu suicidaire, après avoir été interné, il revient vivre chez ses parents (avec Isabella Rosselini en formidable mère juive) et travaille au pressing de son père, il est dans une profonde dépression. Il rencontre une première jeune femme pour qui son intérêt est restreint, puis s'entiche de sa voisine, Michelle souffrant de trouble de l'attention, vivant des histoires d'amour avec des hommes mariés et consommant des pilules d'ecstasy à haute dose pour oublier son désarroi. On est loin de Coup de Foudre à Notting Hill.
Ce qui frappe aussi, et c'est un nouveau thème chez James Gray, c'est que ses personnages principaux en ont maintenant marre de Brighton Beach, ils veulent s'en échapper, que ce soit par la mort, la drogue ou plus naturellement le voyage. Ils se sentent enfermés, oppressés dans ce quartier où vit leur famille. "I live in the middle of fucking nowhere" dit le personnage de Gwyneth Paltrow avant d'avaler deux pilules. Les marques sur les bras de Leonard disent la même chose. On le voit aussi très bien dans les séquences tournées à Manhattan, où la musique devient plus glamour, la caméra se fait plus légère, le ton aussi. Ces personnages en fuite, en transition sont magnifiquement interprétés, avec une mention spéciale à Joaqin Phoenix qui pour son (dernier ?) rôle a composé un personnage en demi-teinte, à la fois repoussant et attachant avant d'aller taquiner de nouvelles contrées hip-hop.

ref, voici un film à voir absolument car il nous rappelle les formidables mélodrames des années 50, où l'on pouvait aussi réfléchir en parlant d'amour. James Gray remplace l'humour convenu des comédies romantiques par de la grâce et une maîtrise peu commune de nos jours pour nous prouver une fois de plus qu'il fait partie des grands et que le cinéma actuel ne saurait se passer de ses films.
Comme quoi on ne fait pas partie du jury de Cannes pour rien.
Clément JM VIDEO TEAM
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